L’UNSA, elle, ne s’associe pas à l’action du 18 mars contre le pacte de responsabilité

1) Là où certains condamnent la méthode-même du pacte, l’UNSA réaffirme le bien-fondé d’une démarche de pacte, mobilisant, autour d’objectifs et de moyens négociés, les acteurs concrets de l’emploi et de la croissance (entreprises et leurs représentants, salariés et leurs représentants, pouvoirs publics). L’UNSA se refuse par ailleurs à condamner le pacte avant même d’en connaître le contenu. A contrario, dans la phase actuelle de sa construction, la priorité est pour elle d’influer sur son contenu à partir de nos revendications. C’était d’ailleurs le contenu de l’appel intersyndical CFDT, CGT, FSU, UNSA signé début janvier. Il faisait de l’investissement européen, des salaires, de l’emploi et de la fiscalité des axes à discuter dans le cadre du pacte de responsabilité… Pour ce qui concerne l’UNSA, nous ne l’avons pas oublié.
2) L’appel au 18 mars s’oppose étrangement à tout financement hors du salaire, au motif contradictoire que la protection sociale est un droit universel. Les mandats de l’UNSA vont précisément à l’inverse : dès lors que la protection sociale a en partie acquis un caractère universel, il est indispensable, si on souhaite la pérenniser, que son financement se fasse sur une assiette plus large que celle des seuls salaires, notamment sur des aspects relevant d’une logique de solidarité nationale et plus seulement de l’assurance sociale.
3) Enfin, la date en elle-même du 18 mars pose question. Il est rarissime en effet dans notre pays qu’une action nationale interprofessionnelle soit située à 5 jours seulement d’une échéance électorale politique d’ampleur nationale. C’est situer l’action syndicale sur un terrain dangereux, en l’exposant à toutes les tentations de détournements ou de récupérations politiciennes qui ne sauraient être son but.

Dans ce contexte et pour toutes ces raisons, l’UNSA ne s’associe pas à un 18 mars
dont ni les objectifs, ni la méthode ne correspondent à ses mandats.